Quelques feuilles qui jaunissent sur un arum, c’est un signal qui mérite attention, mais pas systématiquement l’inquiétude. Selon l’endroit où le jaunissement apparaît, son rythme et les conditions dans lesquelles pousse la plante, les causes sont très différentes et les réponses à apporter le sont tout autant. Voici comment lire ce que votre arum vous dit.
Le jaunissement naturel : ne pas confondre avec une maladie
La première question à se poser est simple : combien de feuilles sont concernées ? Si une ou deux feuilles parmi les plus anciennes, situées à la base de la plante, commencent à jaunir et à se dessécher, il s’agit très probablement d’un renouvellement naturel du feuillage. Toutes les plantes éliminent progressivement leurs vieilles feuilles pour rediriger leur énergie vers les nouvelles pousses. Sur l’arum en particulier, ce phénomène s’accentue en automne, lorsque la plante entre dans une phase de repos relatif et prépare son prochain cycle végétatif. Ce jaunissement-là ne nécessite aucun traitement : retirez simplement les feuilles concernées pour maintenir la plante propre.
Le jaunissement devient préoccupant lorsqu’il touche plusieurs feuilles simultanément, y compris les plus jeunes, ou lorsqu’il progresse rapidement sur l’ensemble du feuillage. Dans ce cas, une cause externe est en jeu et mérite d’être identifiée.
Un arrosage mal calibré : la cause la plus fréquente
L’arum est une plante qui réclame de l’eau régulièrement, mais qui supporte très mal l’excès d’humidité autour de ses racines. C’est paradoxal pour une espèce souvent associée aux bords de ruisseaux et aux milieux frais, mais en pot ou en sol compact, la stagnation d’eau devient rapidement son pire ennemi.
L’excès d’arrosage
Quand le substrat reste constamment détrempé, les racines s’asphyxient faute d’oxygène. Elles commencent à pourrir, perdent leur capacité à absorber les nutriments, et la plante réagit en jaunissant. Le jaunissement par excès d’eau s’accompagne souvent de feuilles molles ou tombantes, d’une légère odeur de moisi au niveau du pot, et parfois de tiges qui ramollissent à la base. Si vous suspectez une pourriture racinaire, sortez la plante de son pot et inspectez les racines : les parties saines sont fermes et blanches, les racines pourries sont noires, molles et dégagent une odeur désagréable. Coupez les parties abîmées avec un outil désinfecté, laissez sécher quelques heures, puis rempotez dans un substrat frais et bien drainant.
Le manque d’eau
À l’opposé, un arrosage insuffisant ou trop irrégulier prive la plante de la capacité d’absorber les minéraux du sol. Le feuillage commence à jaunir puis à brunir sur les bords, souvent accompagné d’un léger flétrissement. La correction est simple : reprenez un rythme d’arrosage adapté à la saison, en laissant la surface du substrat sécher légèrement entre deux apports, sans jamais laisser la motte se dessécher complètement.

Les carences nutritionnelles : quand le sol est épuisé
Un arum cultivé depuis plus d’un ou deux ans dans le même pot dispose d’un substrat progressivement appauvri. Lorsque les nutriments viennent à manquer, la plante ne peut plus produire suffisamment de chlorophylle et les feuilles perdent leur couleur verte.
La chlorose ferrique
C’est l’une des carences les plus fréquentes chez l’arum. Elle se reconnaît à un signe très caractéristique : les feuilles jaunissent entre les nervures, qui elles restent vertes. Ce sont généralement les jeunes feuilles qui sont touchées en premier. Elle survient souvent dans les sols trop calcaires ou lorsque l’arrosage est réalisé avec une eau du robinet trop chargée en calcaire, qui bloque l’assimilation du fer par les racines. Pour y remédier, utilisez de l’eau de pluie ou une eau adoucie pour les arrosages, et apportez du fer chélaté (disponible en jardinerie) directement au pied de la plante ou en pulvérisation foliaire.
La carence en magnésium ou en azote
Une carence en magnésium se manifeste plutôt sur les feuilles les plus anciennes, avec un jaunissement entre les nervures qui restent vertes. Une carence en azote donne un jaunissement plus uniforme de la feuille entière, en commençant par les feuilles du bas. Dans les deux cas, le rempotage dans un terreau neuf et riche est la solution la plus efficace. En complément, un apport d’engrais équilibré au printemps et en été relance la végétation.
Le manque de lumière
L’arum a besoin d’une lumière abondante pour maintenir son feuillage bien vert, mais sans soleil direct qui risquerait de brûler ses feuilles en été. Dans une pièce sombre ou un coin trop ombragé au jardin, la plante produit moins de chlorophylle et ses feuilles pâlissent progressivement avant de jaunir. Le jaunissement lié au manque de lumière est généralement diffus, touchant l’ensemble du limbe de façon uniforme, sans taches ni déformations. Déplacez la plante vers un emplacement plus lumineux et observez l’évolution sur deux à trois semaines.
Les parasites
L’arum peut être infesté par des pucerons, des acariens (araignées rouges) ou des cochenilles, qui s’alimentent de sa sève et fragilisent progressivement le feuillage. Un jaunissement causé par des parasites s’accompagne souvent de déformations des jeunes feuilles, de points blancs ou jaunes dispersés sur le limbe, de petites toiles fines visibles sous les feuilles pour les acariens, ou d’amas cotonneux pour les cochenilles.
Inspectez le dessous des feuilles et les entre-noeuds régulièrement. En cas d’infestation confirmée, isolez la plante des autres pour éviter la propagation, puis traitez avec une solution de savon noir dilué dans de l’eau tiède (2 cuillères à soupe pour un litre) appliquée en pulvérisation sur l’ensemble du feuillage, en insistant sous les feuilles. Répétez l’application tous les cinq à sept jours pendant trois semaines pour éliminer les oeufs et les nouvelles éclosions.
L’air trop sec
L’arum apprécie une atmosphère légèrement humide. Dans un intérieur chauffé en hiver ou dans une pièce très aride en été, l’air trop sec provoque une transpiration excessive du feuillage, que les racines ne compensent pas toujours assez vite. Le jaunissement commence souvent par les bords des feuilles qui brunissent, puis toute la feuille se décolore. Vaporisez régulièrement le feuillage avec de l’eau à température ambiante, ou placez un bol d’eau à proximité de la plante pour créer un microclimat plus humide.